Modèle de mise en demeure : ce qu’elle doit contenir pour tenir
Vous cherchez un modèle de mise en demeure. Vous ne trouverez pas ici de texte à copier, et cette page explique pourquoi : ce qui fait tenir une mise en demeure n’est pas sa tournure, ce sont six ou sept éléments précis et la manière dont elle est envoyée. Une fois que vous les avez, vous pouvez écrire la vôtre.
Mis à jour le 23 septembre 2026
Information générale, et non un conseil juridique. Chaque situation est différente : vérifiez la vôtre avec un professionnel avant d’agir.
Pourquoi il n’y a pas de modèle à copier sur cette page
Les modèles qui circulent ont tous le même défaut : ils ont été écrits pour un litige qui n’est pas le vôtre. On y remplit deux blancs — un nom, une somme — et on garde des formules qui ne correspondent à rien, ou qui réclament autre chose que ce à quoi on a droit. Une mise en demeure qui se trompe de fondement ou de montant offre à la partie adverse exactement ce qu’elle cherche : un motif de discussion.
Ce qui compte n’est pas le style. C’est que la demande soit vérifiable : qui, sur quelle base, combien, pour quand, et ensuite quoi. Vous trouverez chacun de ces points ci-dessous, expliqué de façon à pouvoir écrire la vôtre — et, à la fin, la comparaison honnête entre l’écrire soi-même et la faire signifier.
Il y a aussi une raison plus simple. Au Maroc, rédiger un acte juridique pour le compte d’autrui est une activité encadrée. Indari prépare l’inndhar à partir de modèles maîtrisés et d’informations confirmées avec vous par téléphone, et c’est un commissaire judiciaire qui le signe et le signifie. Poser un texte tout fait en libre-service n’est ni la même chose, ni un service rendu.
Ce que votre mise en demeure doit contenir
Elle doit permettre à la partie adverse de savoir exactement ce qu’on lui demande, et permettre à un juge, si le dossier finit devant lui, de vérifier qu’elle le savait. Ce sont ces éléments-là qu’on y cherche.
- L’identité complète des deux parties : le nom tel qu’il figure sur la carte d’identité ou le registre de commerce, et une adresse où la personne peut réellement être trouvée. Une adresse approximative est la première cause d’échec.
- Le fondement de la demande : le bail du tel jour, la facture numéro tant, la reconnaissance de dette signée à telle date, le virement effectué tel jour. Nommez la pièce, datez-la, et joignez-en une copie.
- La somme exacte, décomposée : trois mois de loyer à 2 500 dirhams, soit 7 500 dirhams — et non « les sommes dues ».
- Ou, si l’objet n’est pas une somme : l’acte précis attendu — restituer la caution, livrer la marchandise commandée, libérer les lieux, signer le document promis.
- Un délai clair, exprimé en jours, courant à compter de la réception.
- Ce qui se passera à défaut : la saisine du tribunal compétent, la résiliation du contrat, la demande d’intérêts de retard. Ce que vous êtes réellement prêt à faire, et rien d’autre.
- La date et la signature.
Ce qui affaiblit une mise en demeure
Un montant approximatif, un délai « rapide », des menaces que vous ne mettrez pas à exécution, et le ton. Le registre reste neutre et factuel : cette lettre est destinée à être lue un jour par un juge.
Formuler la demande : précis plutôt que ferme
La tentation est d’écrire fort. C’est l’inverse qui fonctionne. Une bonne mise en demeure ressemble à un relevé : voici le contrat, voici ce qui était dû, voici ce qui a été payé, voici le solde, voici la date. Rien à interpréter, rien à contester.
Si vous hésitez sur le montant, ne l’arrondissez pas vers le haut. Réclamer plus que ce qui est dû fournit une défense toute faite à la partie adverse et vous fait perdre le seul avantage réel de la démarche, sa clarté. Réclamez ce que vous pouvez prouver, et signalez à part ce qui reste à discuter.
Gardez une copie de la lettre telle qu’elle est partie, avec ses pièces jointes. La lettre et la preuve de son envoi ne servent que réunies : c’est une erreur courante de conserver l’une sans l’autre.
L’envoyer pour qu’elle ait une date certaine
Le Dahir des Obligations et Contrats prévoit qu’un débiteur est en retard lorsqu’il a été mis en demeure (article 254), et que celle-ci résulte d’un écrit dont la date est certaine (articles 255 et 256). Une lettre remise en main propre sans reçu, un message vocal, un SMS : tout cela prouve que vous avez demandé, mais pas à quelle date, ni que c’est arrivé.
Deux voies donnent cette date certaine : la lettre recommandée avec accusé de réception, et la signification par commissaire judiciaire, dont le Code de procédure civile organise les modalités.
Le recommandé a un point faible connu : le pli non réclamé. La partie adverse ne se présente pas au bureau de poste, le pli revient, et vous avez perdu deux ou trois semaines sans pouvoir démontrer qu’elle a su. Le commissaire judiciaire, lui, se déplace à l’adresse, remet l’acte et dresse un procès-verbal ; si la personne refuse de le recevoir, le refus lui-même est constaté.
La façon la plus courante de perdre des semaines
Envoyer un recommandé à une adresse dont on n’est pas sûr, attendre un accusé de réception qui ne reviendra pas, puis recommencer. Si l’adresse est incertaine ou la personne évasive, la signification n’est pas un luxe : c’est ce qui fait avancer le dossier malgré tout.
Quel délai écrire
Le délai doit être raisonnable au regard de ce qui est demandé. Payer une facture dont le montant n’est pas discuté prend moins de temps que libérer un local. Un délai trop court passe pour un artifice ; un délai trop long vous coûte des semaines.
L’inndhar préparé par Indari laisse 7 jours à la partie adverse pour s’exécuter.
Vous croiserez souvent le chiffre de 15 jours. Il se rattache aux baux d’habitation et à usage professionnel régis par la loi 67.12, où il a un sens précis. Selon la nature de votre litige, ce n’est pas nécessairement le délai qui s’applique au vôtre : c’est l’obligation en cause qui commande, pas l’usage.
L’écrire soi-même, ou la faire signifier
Les deux sont des réponses valables, et elles ne s’adressent pas aux mêmes situations.
- L’écrire soi-même : quelques dizaines de dirhams d’affranchissement, le temps de la rédaction, et un contrôle total sur le contenu. Le point faible est toujours le même, la preuve de réception.
- La faire signifier : 790 dirhams pour la formule Standard chez Indari, l’inndhar préparé en arabe, signé et remis par un commissaire judiciaire, et un procès-verbal qui vaut preuve — y compris si la personne refuse l’acte.
Alors, laquelle pour vous
Si la somme est modeste, l’adresse sûre et la relation encore vivante, écrivez-la vous-même et envoyez-la en recommandé avec accusé de réception. Beaucoup de situations se règlent exactement comme cela, et il n’y a aucune raison de payer davantage pour ce résultat-là.
Si le montant justifie une procédure, si la partie adverse a déjà ignoré vos relances, si vous n’êtes pas certain de son adresse, ou si vous vivez à l’étranger et ne pouvez pas suivre un pli à la poste marocaine, l’écart de prix achète la seule chose qui manque à la lettre : une preuve que personne ne discute.
Dans les deux cas, le délai court à compter de la réception, pas de l’envoi. Notez la date exacte figurant sur l’accusé de réception ou sur le procès-verbal : c’est celle-là qui compte, et c’est elle qu’on vous demandera.
Et si le délai passe
Dans une bonne partie des cas, rien d’autre n’est nécessaire : la lettre arrive, la personne comprend que l’étape suivante est un tribunal, et la situation se dénoue là.
Sinon, le dossier peut être porté devant la juridiction compétente, avec la mise en demeure et la preuve de sa réception comme pièces principales. Selon le litige, cela peut être une demande de paiement, une injonction de payer, ou la résiliation d’un contrat. Ce que vous aurez construit d’ici là, c’est un dossier daté, chiffré et prouvé — ce qui, à ce stade, vaut bien plus qu’une belle formule.
Questions fréquentes
- Puis-je écrire ma mise en demeure moi-même ?
- Oui. Rien ne vous empêche d’écrire une mise en demeure pour votre propre créance. Ce qui est encadré au Maroc, c’est la rédaction d’actes juridiques pour le compte d’autrui. Ce qui compte n’est pas qui l’a écrite, mais qu’elle contienne ce qu’il faut et que vous puissiez prouver qu’elle est arrivée.
- Un e-mail ou un WhatsApp suffisent-ils ?
- Ils prouvent que vous avez demandé, et ils méritent d’être conservés, surtout si la partie adverse a répondu et reconnu devoir quelque chose. Ce qui leur manque est la date certaine et la preuve de réception. Traitez-les comme des pièces d’appui, pas comme un remplacement du recommandé ou de la signification.
- La mise en demeure doit-elle être en arabe ?
- L’arabe est la langue de travail des juridictions marocaines, et c’est celle dans laquelle l’inndhar préparé par Indari est établi. Une lettre que vous écrivez vous-même dans une autre langue n’est pas nulle pour autant, mais l’arabe évite toute discussion sur la compréhension et simplifie les choses si le dossier va plus loin.
- Et si la partie adverse refuse la lettre ou ne la retire pas ?
- Avec un recommandé, le pli vous revient et vous en êtes au même point. Avec un commissaire judiciaire, le refus ou l’absence est constaté dans le procès-verbal et la procédure continue. C’est la différence pratique la plus importante entre les deux voies.
- Faut-il un avocat pour envoyer une mise en demeure ?
- Non, une mise en demeure n’est pas une procédure judiciaire. L’avocat devient utile lorsque le dossier part au tribunal, ou lorsque le montant et le contrat sont complexes. Pour l’étape de la mise en demeure, il n’est pas requis.
- Je n’ai pas de contrat écrit, puis-je quand même en envoyer une ?
- Oui. Un contrat écrit facilite les choses, mais ce n’est pas la seule preuve possible : virements, reçus, factures, échanges où la personne reconnaît la dette. Rassemblez ce que vous avez et désignez-le précisément dans la lettre.
- À partir de quand le délai court-il ?
- À compter de la réception par la partie adverse, pas de l’envoi. La date qui compte est celle qui figure sur l’accusé de réception ou sur le procès-verbal de signification.